Qui est Louis Joseph César Ducornet célébré par un Google Doodle ?

Photo of author

By Liberty

La plupart d’entre nous ont déjà du mal à créer des œuvres d’art convaincantes avec leurs deux mains. Et pourtant, la personne qui a inspiré le Google Doodle d’aujourd’hui a réussi à devenir un peintre renommé avec seulement quatre orteils.

En vous rendant sur la page d’accueil du moteur de recherche, vous verrez l’image d’un homme créant de magnifiques paysages à l’aide d’un pinceau serré dans son pied droit.

Il s’agit de Louis Joseph César Ducornet, né ce jour (10 janvier) à Lille, en France, en 1806.

Ducornet est né avec une phocomélie, une maladie congénitale rare qui provoque des malformations dans les bras et les jambes.

Il n’avait ni bras ni jambe gauche, ce qui signifiait qu’il ne pouvait pas marcher et qu’il devait être porté par son père pendant toute son enfance, comme l’indique Google dans l’encadré de l’illustration.

Cependant, il avait quatre orteils au pied droit et, un jour, après avoir pris un morceau de charbon avec ses orteils, il s’est mis à dessiner.

Autoportrait réalisé en 1852, quatre ans avant sa mort(Louis Joseph César Ducornet )

Le protégé français se perfectionne et devient un illustrateur hors pair. Grâce au gouvernement local, il est envoyé à Paris où il étudie auprès des artistes les plus renommés de la ville.

Pendant une courte période, il reçoit même une pension du roi Louis XVIII lui-même pour lui permettre de poursuivre sa formation.

Si son handicap l’empêche d’accéder au Prix de Rome, une célèbre bourse d’études française, il obtient plusieurs médailles au prestigieux Salon d’Art.

En 1840, il a peint une représentation de Marie-Madeleine aux pieds de Jésus, haute de trois mètres, qui a été achetée par le gouvernement français.

Voir  Mario Molina

Il enchaîne ensuite avec l’une de ses œuvres les plus célèbres : un autoportrait où il peint avec son pied.

Il meurt en 1856 à l’âge de 50 ans, mais ses scènes historiques et bibliques, ainsi que ses portraits, continuent de susciter l’admiration aujourd’hui.

Mais son plus grand héritage est peut-être la façon dont il a défié l’adversité et incarné le pouvoir de la détermination.

Biographie

Louis Joseph César Ducornet, né à Lille de parents de condition modeste, est atteint d’une malformation congénitale, connue aujourd’hui sous le nom de phocomélie ; n’ayant ni bras ni cuisses et seulement quatre orteils au pied droit, il est incapable de marcher et doit être porté par son père. Cependant, alors qu’il était encore enfant, il ramassait des morceaux de charbon sur le sol avec ses orteils, et les croquis qu’il faisait étaient si prometteurs qu’il reçut une éducation artistique locale[1].[1]

Avec l’aide de la municipalité de Lille, le jeune Ducornet s’installe ensuite à Paris, où il étudie les beaux-arts avec Guillaume Guillon Lethière, François Louis Joseph Watteau et François Gérard, et reçoit pendant une courte période une pension du roi Louis XVIII. Malgré sa difformité physique, il réussit rapidement à la surmonter en peignant avec son pied droit, et acquiert une agilité et une habileté considérables. Le texte suivant est extrait du Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris de 1873 :

 “[Ducornet peignait] le gros orteil du pied gauche passé dans le trou de la palette, celle-ci appuyée sur le talon. Il tenait le pinceau entre le pouce et le deuxième doigt du pied droit. Lorsqu’il s’agissait de brosser une toile, l’artiste tenait son pinceau entre les dents”

Voir  10 chansons à message pro-liberté

Un tel handicap laisserait penser que Ducornet pourrait devenir un artiste maudit: on pense à l’histoire humaine d’Henri de Toulouse-Lautrec, lui aussi physiquement déformé et pourtant en proie à une vie errante et désordonnée. Au contraire, Ducornet entre avec succès dans les institutions et les circuits officiels et, en particulier, dans les Salons, où il expose régulièrement ses œuvres. Les critiques officiels, en particulier, apprécient la précision du dessin, les qualités de composition, de chromatisme et de luminosité, ainsi que l’intonation générale mystico-dramatique. Quoi qu’il en soit, la fortune critique de Ducornet est également alimentée, comme l’observe Gustave Vapereau en 1858, par les “résultats vraiment extraordinaires que, malgré la nature, il a su obtenir avec patience et courage”[2].[2]

Travaux

Voici une liste non exhaustive des œuvres les plus significatives de Ducornet :

  • Amiens, Musée de Picardie : Édith au col du cygne retrouve le corps du roi Harold sur le champ de bataille d’Hastings en 1066, 1855 ;
  • Auxi-le-Château, église Saint-Martin : Gloria in Excelsis, 1850 ;
  • Condom, cathédrale Saint-Pierre : Repos de la Sainte Famille en Égypte, 1841 ;
  • Lille :
    • Église Saint-André : La Mort de la Madeleine, 1840 ;
    • Musée des canonniers :
      • Portrait du général François de Négrier sur le Champ-de-Mars à Lille;
      • Pierre-Hippolyte Saint-Léger commandant du bataillon des canonniers sédentaires de Lille, 1849 :
    • Palais des Beaux-Arts
      • Les Adieux d’Hector et d’Andromaque, 1828 ;
      • Saint Louis rendant la justice sous un chêne, 1831 ;
      • Autoportrait.
  • Saint-Riquier, Abbaye de Saint-Riquier, Chapelle de la Vierge : Apparition de la Sainte Vierge à sainte Philomène, 1846.